Yenga Fazili wã Biregeya

Appel à propositions : Façonnez l’identité visuelle de L’Observateur Africain, un média au cœur de l’innovation africaine

L’Observateur Africain, un nouveau média international basé à Dubaï, invite les infographistes talentueux du continent africain à participer à un appel à propositions passionnant pour concevoir son logo et sa charte graphique complète. Ce projet représente une opportunité unique de façonner l’identité visuelle d’une plateforme médiatique ambitieuse, prête à redéfinir la manière dont le continent africain est représenté sur la scène internationale.

Un média aux ambitions uniques

Porté par une vision novatrice, L’Observateur Africain aspire à être un pont entre l’Afrique francophone et anglophone. Ses principales rubriques reflètent la richesse et la diversité du continent à travers des thématiques variées :

  • Politique : Explorations des dynamiques de gouvernance et de leadership.
  • Finance : Découverte des opportunités économiques et défis financiers.
  • Opinion : Perspectives critiques et débats enrichissants.
  • Environnement : Solutions durables et enjeux climatiques.
  • Société : Célébration des cultures, tendances et innovations africaines.

L’objectif ? Offrir une couverture authentique et inclusive des réalités africaines tout en s’adressant à un public mondial.

Pourquoi participer à cet appel à propositions ?

L’Observateur Africain est en quête d’une identité visuelle forte qui incarne :

  • Une vision moderne et ambitieuse de l’Afrique.
  • Une mission inclusive et innovante.
  • Une portée internationale, capable de connecter différents publics.

En répondant à cet appel, les infographistes auront l’opportunité de laisser leur empreinte sur un projet d’envergure mondiale tout en valorisant la créativité et les identités africaines.

Ce que nous attendons de vous

Votre proposition devra inclure :

  • Typographie : Polices sélectionnées (avec licences si nécessaire).
  • Applications pratiques : Exemples d’usage sur supports numériques et imprimés.
  • Modèles de communication : Cartes de visite, présentations, en-têtes, etc.
  • Guide d’utilisation : Règles d’usage pour garantir la cohérence visuelle.

Critères d’évaluation

Les propositions seront analysées selon :

  • Pertinence : Adéquation avec les valeurs de L’Observateur Africain.
  • Créativité : Originalité du concept proposé.
  • Polyvalence : Capacité d’adaptation sur différents supports.
  • Qualité technique : Maîtrise des normes graphiques professionnelles.
  • Appropriation culturelle : Capacité à refléter la diversité africaine.

Modalités de soumissionFormat :

  • Soumission numérique en PDF ou via un lien téléchargeable.
  • Langues acceptées : Français ou anglais.
  • Contenu à inclure : Une présentation de votre concept (500 mots max).Les maquettes du logo et de la charte graphique.
  • Votre portfolio ou exemples de projets réalisés.
  • Vos coordonnées (nom, email, numéro de téléphone).
  • Envoyer à : contact@lobservateurafricain.com.
  • Objet de l’email : Appel à Proposition – L’Observateur Africain.

Calendrier

  • Lancement de l’appel : Vendredi 17 janvier 2025.
  • Date limite de soumission : Vendredi 31 janvier 2025.
  • Sélection des gagnants : Du 1er au 6 février 2025.
  • Annonce des finalistes : Jeudi 7 février 2025.

Récompenses et opportunités

  • Les trois premières propositions sélectionnées recevront des récompenses à la hauteur de l’image d’un média international.
  • De plus : Certificat de mérite pour tous les candidats sélectionnés.
  • Opportunité de collaborer sur de futurs projets avec l’équipe créative de L’Observateur Africain.

À noter : Les infographistes retenus devront céder les droits exclusifs des créations à L’Observateur Africain. Les propositions soumises doivent être des créations originales.

Un appel à la créativité africaine

Vous êtes passionné par le design graphique ? Vous souhaitez contribuer à une initiative qui redéfinit les perspectives africaines dans le monde ? Participez dès aujourd’hui et laissez votre talent briller sur la scène internationale.

Pour toute question ou information supplémentaire, contactez-nous à : contact@lobservateurafricain.com

L’équipe de L’Observateur Africain est impatiente de découvrir vos créations !


RDC : Eringeti et Oicha, de l’ombre des ADF à l’éclat des récoltes

Les opérations Sokola 1 et l’initiative citoyenne “Wapi Jiwe Langu kwa Usalama wa Kivu” ont produit des effets qui dépassent le cadre sécuritaire. Entre juin et novembre 2024, un sentiment de sécurité s’est installé dans les régions d’Eringeti, Maimoya, Oicha, Mutwanga et leurs environs, permettant à la population de regagner ses champs abandonnés.

Ce retour à la terre a transformé la dynamique locale : les cultures de subsistance ont prospéré dans les terrains proches, tandis que les champs de cacao, situés plus loin, ont été visités et entretenus. Les résultats sont palpables. Selon Yannick Chishugi, agent d’une société d’exportation de cacao, la production enregistrée en novembre et décembre 2024 dépasse largement celle des deux dernières années.

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Une baisse des prix qui soulage les habitants

Les bénéfices ne se limitent pas au cacao. M. Bunduki, un habitant d’Oicha, témoigne : « Grâce au sentiment de sécurité, nous avons pu retourner dans les champs abandonnés. Cela a permis une baisse des prix de certains produits alimentaires comme les bananes plantains. »

Une collaboration étroite entre civils et militaires s’avère ainsi essentielle pour restaurer un équilibre économique dans cette région autrefois paralysée par l’insécurité.

L’ombre persistante des Forces démocratiques armées (ADF)

Malgré ces progrès, des attaques sporadiques survenues fin novembre et début décembre 2024 rappellent la fragilité de cette sécurité retrouvée. Selon plusieurs analystes, ces agressions visaient à empêcher les populations de récolter les fruits de leur labeur. « Certains bandits tentent d’exploiter la peur en se faisant passer pour des ADF, mais les vraies forces de ce groupe semblent déjà affaiblies », indique une source locale.

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Une leçon à méditer

L’explosion de la production agricole dans les zones bénéficiaires du projet “Wapi Jiwe Langu kwa Usalama wa Kivu” prouve une vérité criante : ce n’est pas le travail qui manque, mais la sécurité. « L’insécurité, imposée à l’Est de la RDC, est la source première de pauvreté », résume un habitant. La population, elle, n’attend qu’une chose : un environnement stable pour exploiter son immense potentiel.

Un avenir de prospérité est-il possible si la sécurité devient une réalité durable ? Les faits récents invitent à l’espoir, mais également à une vigilance constante.


Déconstruire les faux-semblants en RDC : Don Chirhuza et son combat pour la vérité à l’écran

Dans un monde où les ombres étouffent souvent la vérité, Don Chirhuza se dresse tel un éclaireur, une voix audacieuse dans les méandres du cinéma engagé en République démocratique du Congo. Réalisateur africain au regard affûté et défenseur infatigable de l’émancipation africaine, il façonne l’écran comme une arme contre l’injustice. Avec « Le Jour de Justice », court métrage percutant tourné en 2020, il dévoile une histoire brûlante où les faux-semblants s’effondrent pour laisser jaillir la lumière.

L’intrigue gravite autour de Balume, jeune étudiant de 22 ans, accusé de violence sexuelle envers Faida, sa condisciple. Le poids de la société et de la procédure semble écraser le garçon, tout porte à croire à sa culpabilité. Pourtant, dans un sursaut d’audace, la vérité se fraie un chemin à travers le témoignage inattendu de Faida, soutenue par son assistante sociale. Le véritable coupable n’est autre que Modilo, leur professeur de mathématiques, trahissant ainsi la confiance sacrée qui lie un éducateur à ses élèves.

Dans cette interview exclusive, Don Chirhuza, également Headmaster à Nélites Fils Academy, se livre sans détour. Il revient sur la genèse de ce film poignant, son combat pour briser les chaînes de l’injustice et sa vision d’un cinéma qui réconcilie l’art et la responsabilité. Entrez dans l’univers d’un réalisateur visionnaire, où chaque image porte l’empreinte d’un cri pour la vérité et la dignité.

Le court-métrage de « Le Jour de justice « 

Qu’est-ce qui vous a inspiré à raconter cette histoire particulière dans le film “Le jour de justice” ?

Don Chirhuza : J’ai été inspiré par les accusations des dérapages dont beaucoup de personnes auraient été victimes en 2015 de la part de certains juges et Officiers du ministère public. J’avais fait un constat à ce moment-là : les procès sur les cas de violences sexuelles étaient très récurrents et dans la plupart des cas, les condamnations étaient contestées par les accusés mais cela n’empêchait pas l’exécution de la peine sans forcément moyen de recours.

À force de vouloir arrêter le fléau, on se contentait de l’aboutissement du procès dans un temps record sans forcément exploiter toutes les pistes possibles et c’est le nombre de procès qui était plus important non forcément de la justice rendu car condamner un innocent reviendrait à promouvoir l’injustice. C’est sur base de ces éléments que j’ai poussé une réflexion pour remettre en question la qualité de justice rendue dans un procès de violences sexuelles en particulier.

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Pouvez-vous nous parler de votre processus créatif ? Comment transformez-vous une idée en un film ?

Tout d’abord, quand j’ai une inspiration (idée), je l’étudie dans plusieurs angles avant de choisir dans lequel dois-je développer l’histoire. Je me base sur l’originalité et le potentiel à toucher un public varié. Quand il s’agit surtout de film d’auteur. Une fois en possession d’une histoire percutante, je réfléchis aux alliés qui pourront accompagner le processus de création de ce futur film. En parlant des alliés, je vois : producteurs, mécènes ou investisseurs etc… Après les réponses satisfaisantes aux préoccupations des alliés, je planifie avec le producteur dans l’idéal des cas.

Mais, étant donné que dans l’industrie locale nous faisons encore de production indépendante, souvent je m’occupe seul de la planification et ça prend plus de temps que prévu s’il y avait un producteur. Et c’est sur base de cette planification que d’autres étapes suivent notamment les repérages et le casting avant logiquement de se mettre au tournage et plus tard à la post-production qui marque la fin du processus de création.

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Qu’est-ce qui a guidé vos choix lors du casting ? Était-il important pour vous de travailler avec certains acteurs en particulier ?

En tant que réalisateur, il est important de travailler avec un acteur/une actrice qui interprétera à la perfection –ou du moins presque– le personnage pour lequel il a été choisi. Je n’ai pas de préférence particulière pour tel ou tel autre acteur. Il suffit que je sois convaincu par caractéristiques physiques, techniques et artistiques que je trouve chez un acteur et sa capacité à s’adapter au personnage pour le retenir pour un rôle.

Mais n’empêche qu’il y ait dans l’industrie locale des acteurs qui ont des capacités que j’apprécie et que j’aimerais utiliser si j’ai un jour un personnage qui correspondait à leurs profils. Pour revenir à la question, prenons, à titre d’exemple, le rôle de Balume, interprété par Muhindo wâ Mirurumo. L’élément qui avait beaucoup joué en sa faveur, par-dessus ses capacités indiscutables d’acteur, c’est le fait qu’il connaissait le début de ce projet. Il maîtrisait par cœur cette histoire et ses capacités lui étaient imposées comme incontournable pour ce rôle.

Quant à Merveille Rushago, c’est une actrice qui a mis tout le monde d’accord dans l’industrie locale par son jeu d’actrice. Elle sait se métamorphoser sur le plateau de tournage, quel que soit le personnage et elle en a la volonté. Dans la peau d’une victime dans ce film, n’importe quel réalisateur avisé l’aurait choisi.

Quels ont été les plus grands défis que vous avez rencontrés lors du tournage de ce film, et comment les avez-vous surmontés ?

Mon plus grand défi dans cette production a été la documentation. La matière de justice traitée dans ce film est complexe et trop technique. À côté de ça, il y a aussi l’aspect d’actions humanitaires dans le combat contre les violences sexuelles qu’il fallait combiner à celà. Donc j’avais deux matières techniques que je devais traiter sans avoir droit à l’erreur. Ce qui constitue un véritable casse-tête pour quelqu’un comme moi qui suis en dehors desdits domaines. Il fallait que le film soit proche de la réalité et crédible.

Je me rappelle avoir fait plusieurs tours auprès de juristes et humanitaires différents qui parfois se contredisent. Passer des nuits à lire les documents, voir des films qui avaient déjà été traités sur le même sujet et moi je devrais trouver les éléments qui devraient constituer au milieu de ces chocs d’idée ou devrait dire croisement de regards techniques. Pour moi, qui ne suis pas du domaine, ça n’a pas été facile. J’ai dû refaire le tournage une seconde fois à cause d’une erreur d’anonymat de la victime. Cela a beaucoup impacté les finances de la production sans parler de l’épuisement pour les techniciens, les acteurs et moi-même.

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Comment décririez-vous votre style de réalisation, et comment ce style se reflète-t-il dans ce film ?

Mon style de réalisation, je peux le qualifier de “réalisme symbolique”. C’est un concept que je me suis imaginé (je n’aime pas le conformisme), c’est-à-dire que je fais de mon mieux pour raconter l’histoire avec les images plus proches que possible de l’environnement réel du tournage tout en représentant les personnages en tant que des symboles plus que des individus qu’ils peuvent paraître. Ainsi chaque image pour moi, constitue une lettre décrivant un message sous-jacent.

Quand je réalise “Le jour de justice” par exemple, je parle pas simplement de violences sexuelles mais je l’utilise comme élément pour poser les bases de réflexions sur la procédure judiciaire en RDC. De plus , je donne un avis sur les procédures judiciaires en général en RDC. Ainsi je parle d’une situation générale avec une histoire simple et particulière. Les images sont simples et on voit dès le premier regard, une histoire sur la lutte contre les violences sexuelles mais quand on y réfléchit, on verra que Balume est une représentation de toutes ces personnes qui ont souvent été injustement condamnées, soit parce que la justice n’a pas pu mieux se pencher sur les dossiers, soit par magouilles parce que le camp adverse est privilégié.

Pour sa part, Faida c’est l’image de victimes. D’une manière générale, elles sont disposées à coopérer avec le tribunal, mais en réalité, ce n’est pas cette procédure qui est nécessaire pour elles. Mais la JUSTICE en soit, la réparation des dommages subis, et la restitution de ses droits. Condamner quelqu’un c’est bien pour le tribunal mais pas forcément pour la victime quant à Modilo, c’est l’image de vrai bourreau qui connaissent la loi, ont l’argent et des “parapluies”. Donc ils peuvent tout se permettre. Ils peuvent facilement se soustraire d’un procès par n’importe quel moyen et laisser un innocent derrière les barreaux.

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Y a-t-il un message ou un thème particulier que vous espérez que le public retienne après avoir vu ce film ?

Le message se trouve dans la nuance au niveau du titre. “Le” Jour de justice, comme étant une aspiration à un état d’équilibre social en opposition de “Jour de justice” comme souvent j’attends les gens le designer, qui pour moi parait comme une certitude que la justice a été rendue ce jour-là. C’est-à-dire que pour moi, la justice reste une réalité à laquelle nous aspirons et qui doit arriver grâce à la prise de conscience et assumer les responsabilités qui sont les nôtres chacun en ce qui le concerne. Le thème principal du film est la justice.

Dans ce film, je présente la justice comme un état de conscience de la nécessité de rétablissement de l’équilibre de vie sociale qu’une pratique ou une procédure matérielle.

Quelle a été la réaction qui vous a le plus marqué jusqu’à présent concernant ce film ? Était-ce celle à laquelle vous vous attendiez ?

Je dirais qu’il y a deux réactions qui m’ont le plus marquée. La première c’est la comparaison que le public fait vis-à-vis de la situation de Faida, interprétée par Merveille Rushago, surtout au niveau où elle fait sa déposition devant le tribunal. La deuxième réaction qui m’a aussi marquée c’est l’indignation du public contre Modilo, le vrai coupable interprété par l’expérimenté Tshivas Tsongo.

Pendant la réalisation, j’avais à l’esprit l’intention d’essayer de pousser le public à s’indigner contre Modilo. C’était un moyen de créer un débat sur le sujet lorsqu’on se rend compte que Balume, qui est incarcéré, n’est pas le vrai coupable et le vrai coupable jouit d’une liberté. C’est l’intrigue de l’histoire. En effet tout était voulu et la réaction du public sur le film est telle que je l’ai envisagé au départ, à quelque différence près.

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Quels sont vos projets ou rêves cinématographiques ? Y a-t-il un genre ou une histoire que vous mourrez d’envie d’explorer ?

Mon rêve ? C’est vraiment compliqué pour moi de parler de rêve. Peut-être la réintroduction de l’Afrique dans le cinéma africain, je ne sais pas trop. Hormis ça, je peux aussi dire que je rêve de voir les cinéastes à un niveau où ils vont se conformer aux exigences des productions internationales pour briser ce cycle de cinéma par procuration.

C’est-à-dire l’histoire de l’Afrique rencontrée par les autres. Voilà pourquoi je porte en ce jour le projet du premier institut de formation certifiante et qualifiante spécialisé dans le cinéma et l’art audio-visuel. Je peux dire alors que mon rêve c’est de voir les cinéastes locaux, raconter, à partir des éléments locaux, des créations d’histoires de portée internationale.

J’envisage d’être spécialisée dans les films d’auteurs socio-dramatiques qui racontent la tradition africaine sans clichés et stéréotypes. Le génie africain est encore absent dans le concert de nations à cette ère de la mondialisation ou chaque peuple tend à apporter sa connaissance pour l’évolution de l’humanité.


Insécurité dans l’Est de la RD Congo : Les habitants appelés à la vigilance

Face au retour inquiétant des attaques meurtrières orchestrées par les récalcitrants des Forces démocratiques alliées (ADF), affiliés au groupe djihadiste Etat islamique, dans l’est de la République démocratique du Congo, les initiateurs du projet « Jiwe langu kwa usalama wa Kivu » ont exhorté les habitants des zones ciblées à plus de vigilance en cette période de fin d’année.

Cela faisait déjà plusieurs mois que, grâce aux efforts amorcés dans le cadre du renforcement de la coopération entre les civils et militaires, les attaques avaient pris fin dans plusieurs zones bénéficiaires de cette initiative. Mais, en cette période de fin d’année marquée par les temps de récolte, les terroristes ADF ont récemment fait parler d’eux en attaquant certains villages sur la route Eringeti-kainama. D’autres alertes ont été reçues en provenance de Maimoya et Saiyo.

Une vue d’ensemble dans une salle lors d’une séance de sensibilisation. ©️ Yenga Fazili wã BIREGEYA

« La population a pris le temps de travailler durement, et tout le monde a vu combien la récolte devait être exceptionnelle, en ce temps de novembre et décembre 2024. Je crains que certains ADF déjà coincés tentent de revenir pour semer la peur et s’ accaparer des récoltes, ou que certains groupes de malfaiteurs profitent de la psychose pour adapter le mode opératoires des ADF et s’approprier les récoltes après la fuite des populations », a fait savoir Me Andera Balyamu, coordonnateur du projet.

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Et d’ajouter :

« Nous savons combien les militaires congolais veulent rétablir la sécurité, et nous savons combien la collaboration civilo-militaire fragilise les terroristes ADF. Nous ne pouvons que rappeler nos frères et sœurs de Beni, Eringeti, Maimoya à plus de vigilance et de courage : vérifions qui sont les nouveaux venus dans nos avenues et quartiers, dans les villages et avertissons les services de sécurité à temps. Il y a risque que ce soit aussi des éclaireurs des ADF »

Rappelons que le projet « Jiwe langu kwa usalama wa Kivu », lancé depuis mars 2024 par Ubuntu Panafrika et la SECAS- FARDC/NK, prône la coresponsabilité civilo-militaire comme stratégie de renforcement de la collaboration civilo-militaire dans la lutte contre les ADF et l’insécurité en générale en RD Congo.

Une image reflétant la complicité qui s’observe déjà entre la population et les FARDC. ©️ Yenga Fazili wã BIREGEYA

En effet, le projet consiste à sensibiliser la population sur ce qu’il faut entendre par sécurité, quelle est la pierre de contribution que la population peut avoir pour appuyer le service de sécurité sans prendre elle-même les armes. Ce projet a déjà fait ses preuves dans la chefferie watalinga en 2023, et est en train de poursuivre le même élan dans le reste du territoire de béni car la zone d’implémentation a été élargie depuis février 2024.

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À en croire le délégué du gouverneur de province à Eringeti, avec le « rapprochement civilo militaire, la population connaît les difficultés de l’armée et chacun devient conscient qu’il a un rôle à jouer dans le processus de paix ». Précisons que le nom de ce projet se traduirait du kiswahili, l’une des langues les plus parlées en Afrique par « Où est ma contribution pour rétablir la sécurité au kivu ? ».

Il s’agit d’un projet qui se démarque sur le terrain mais nécessite l’implication de toutes les couches de la société et surtout d’autres acteurs dont les bailleurs de fonds pour le pérenniser. À travers cette initiative louable, les Forces armées de la République démocratique du Congo sont désormais perçues comme partenaires et co-responsables de la sécurité aux côtés de la population.


Vulnérabilité et insécurité : les travailleuses du sexe dans l’enfer de l’Est de la RDC

Comme un ultime recours pour survivre dans les camps de déplacés situés aux alentours de la ville touristique de Goma, des femmes et filles dans la fleur de l’âge, confrontées à une précarité extrême, se retrouvent piégés et contraintes de se tourner vers le travail du sexe. Dans une région meurtrie, elles espèrent subvenir à leurs besoins. Il s’agit d’une situation alarmante découlant des violences armées qui sévissent dans l’est de la République démocratique du Congo depuis des décennies.

Face à la crise économique engendrée par l’insécurité grandissante au Nord-Kivu et en Ituri, deux provinces les plus touchées par les séries d’agressions dont la République Démocratique du Congo (RDC) est victime, causant le déplacement massif de 7 millions de personnes, avec des camps des déplacés. À cause de cette crise humanitaire obligeant les déplacés à mener une vie dérisoire et sans aucune assistance concrète, les femmes se sont livrées à la prostitution pour avoir de quoi mettre dans l’assiette de leurs enfants voués à la misère sous le regard impuissant du Gouvernement et de la communauté internationale. 

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Le travail du sexe comme bouée de secours

« Je n’ai pas choisi cette vie. Si je me suis livré à la prostitution c’est parce que j’ai fui la guerre avec six enfants. Je dois absolument prendre soin d’eux, je ne saurais les laisser mourir de faim. En plus, je n’ai même pas de mari ni une famille qui pourrait m’assister. Je dois me débrouiller ou mourir de faim avec mes enfants », a témoigné, non sans amertume, une des travailleuses du sexe sous anonymat. « Avant la guerre, je menais une vie tranquille grâce à mes activités champêtres et à un petit commerce que j’exerçais mais je n’ai plus rien depuis qu’on avait fui », a-t-elle poursuivi.

RDC: près d'une personne sur quatre est en situation de faim aiguë, alerte  un rapport de l'ONU
Des Congolais dans un camp de réfugiés de Kanyaruchinya, en RDC, en décembre 2022 (image d’illustration). © Guerchom Ndebo / AFP

Malgré les dangers auxquels elles font face et même au risque de contracter des maladies sexuellement transmissibles, ces femmes ont choisi, malgré tout, de survivre et de prendre soin des siens, même au péril de leur vie. « Si on avait le choix, on ne serait pas là en mettant nos vies en danger », a marmonné une autre femme à côté sous un ton ému de tristesse.

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Des vies en péril, les cris d’alarme lancés

À tout scruter de près, ces femmes ont conscience des risques auxquels elles s’exposent en vendant leurs corps, mais la survie passe avant tout.

« Je tombe souvent malade. Les genres des maladies que je ne saurais même pas décrire. Ça m’attriste énormément mais je dois survivre à tout prix. Même si souvent, je n’ai même pas de quoi payer pour me faire soigner convenablement », a confié une autre femme. Elle a poursuivi en indiquant que même si elle pouvait trouver les moyens de se payer ne serait-ce qu’un bidon d’essence, elle arrêterait sur-le-champ : « Cette vie impudique est contraire aux valeurs inculquées par mes parents. »

Pour sa part, Esther Lumoo, cheffe de bloc au sein du camp de Lushagala, situé dans l’ouest de la ville de Goma, a estimé que les femmes sont exposées à beaucoup de problèmes : même celles qui ne se prostituent pas sont victimes des violences sexuelles. Elle n’a pas manqué de lancer un message d’alerte à l’endroit du gouvernement, des ONG et à toute personne de bonne volonté de venir apporter une assistance de toute nature à ces femmes qui traversent l’enfer.

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« Face à cette triste réalité, je lance un message d’alerte à notre gouvernement, aux ONG qui œuvrent dans le secteur afin d’aider ces femmes à créer une association qui pourrait les aider à avoir un capital de départ pour amorcer des petits commerces et vivre dignement après un suivi psychologique » a déclaré E. Lumoo. Il est à noter qu’apporter une telle assistance à ces femmes serait un début dans le cadre d’éradiquer ce phénomène préoccupant qui empire de plus en plus.

RDC: 6,9 millions de déplacés internes, un record
Le camp de déplacés de Rusayo, à la périphérie de Goma, dans l’est de la RDC, le 2 octobre 2023. Crédit : Alexis Huguet / AFP


RDC : À Goma, les femmes sont sensibilisées aux questions sécuritaires

La Cellule de Paix et de Développement du quartier (CPDq) a organisé un atelier sur l’importance de la participation et l’engagement des femmes dans la collaboration entre civils et militaires dans la sécurité à l’Est de la République démocratique du Congo. C’est une zone meurtrie par des conflits armés depuis des décennies.

Dans la grande salle Maison de la Femme de Goma, l’atelier a eu lieu sous plusieurs thèmes : Tous les hommes naissent égaux, seuls les meilleurs parmi eux deviennent des militaires ; Mon pays, ma vie, mon armée, ma force ; Les FARDC sont défenseurs et protecteurs de Droits des congolais ? ; La force d’un peuple, son armée ; La force d’une armée : son peuple ; La population de Goma a-t-elle dit stop à l’insécurité ?

Ces échanges ont été rendus possible grâce à l’appui du projet « Wapi jiwe langu kwa usalama wa Kivu » mis en œuvre à Beni par Ubuntu Panafrika, ONG œuvrant dans la lutte pour l’éveil de la conscience africaine. 

Pour une confiance mutuelle

Plusieurs autorités se sont prononcées afin d’outiller la population en fournissant les informations nécessaires concernant les services et rôles des Forces Armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ainsi que la Police Nationale Congolaise (PNC). Ces informations devraient permettre à la population de comprendre les missions assignées à l’Armée et à la Police en espérant que cette collaboration amorcée puisse inciter la population à renouveler leur confiance dans les services de l’État. 

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Pour sa part, Ngoyi Bendera, commandant Service d’éducation civique, patriotique et Actions sociales (SECAS) /FARDC, a également appelé la population à s’impliquer massivement dans le processus d’éradication de l’insécurité en dénonçant tout acte suspect observé dans les quartiers. « En tant que population, vous avez le devoir de dénoncer tout acte qui semble suspect dans votre milieu de vie. Nous ne pouvons intervenir que si nous sommes informés sur tout ce qui se passe au sein de vos quartiers. Faites-nous confiance et nous allons réussir ensemble », a-t-il indiqué tout en donnant ses coordonnées afin de le contacter directement en cas de nécessité. 

Sur la même lancée, l’inspecteur provincial de la PNC, présent dans l’atelier, en a profité pour parler du travail abattu par l’inspection provinciale de la Police congolaise tout en mettant un accent particulier sur la responsabilité de la population dans la réussite du travail. 

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Le retour d’un climat apaisé envisagé

Si l’on s’en tient aux arguments formulés par les différents intervenants, l’implication de tout un chacun serait un élément déclencheur du processus vers un climat apaisé dans l’Est de la République démocratique du Congo. « Qui ne protège pas son armée s’insécurise », a martelé Me Andera Balyamu, chef dudit projet. 

Et à une participante d’ajouter : « À travers cet atelier nous venons d’apprendre et de comprendre l’importance de collaborer avec les services de sécurité espérant que la paix revienne dans notre province particulièrement et dans tout le pays en général. Travaillons main dans la main et nous allons certainement vaincre nos ennemis. » 

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Le projet « Wapi jiwe langu kwa usalama wa Kivu » s’inscrit dans l’optique de prôner la collaboration entre civils et militaires pour mettre un terme aux tueries qui prévaut dans la région.  Le nom de ce projet se traduit du kiswahili par « Ma pierre de contribution à la sécurité au Nord-Kivu ». 


Bolton Art, ou comment sublimer les animaux par la magie du crayon

Après s’être longtemps figé dans l’ombre de son art, c’est en 2020, au cours de la pandémie du Covid-19 qui secoua le monde que Bolton Art, jeune artiste résidant à Goma, dans l’est de la RD Congo, a eu l’ingénieuse idée de se concentrer sur sa passion d’enfance : devenir artiste crayonneur. Plongeons dans son univers.

C’est, non sans être surpris par son propre talent artistique occulté depuis son enfance que Bolton Art, de son vrai nom Mumbere Maombi découvrit tout d’un coup son plein potentiel. Après ce déclic, il se retrouva, mine de rien, plongé à fond dans l’univers artistique. Loin des mondes idylliques hérités de bon nombre d’artistes qu’a connu l’histoire de l’humanité dans un domaine aussi prisé qu’est l’art, cet artiste atypique s’est, bon gré mal gré, frayé un autre chemin menant sur la voie du réalisme.

Tableau reflétant une complicité entre les hommes et un éléphant. ©️ Tableau de Bolton Art avec son accord.

Depuis ses dix ans, il s’évertue à dessiner pour s’ouvrir au monde et transmettre des messages à travers ses œuvres. Mais cela n’aboutissait à grand-chose, vu qu’il n’arrivait pas à concilier ses études à sa passion. Ainsi donc, c’est au bout de ses études universitaires qu’il s’est dit : « C’est peut-être le moment de m’y mettre ! »


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Tamu Mazama, l’étoilemontante de la musique afrocentrique


À 27 ans et aîné d’une fratrie de 5 enfants dont 3 garçons et 2 filles, Bolton est devenu un crayonneur de talent. Ses tableaux parlent à sa place. Des chefs-d’œuvre illustrant le reflet d’un monde réel qui jette une lumière rasante sur la splendeur de ses créatures animales souvent oubliées par tous – ou presque. En noir et blanc, car dessinés uniquement au crayon, ses tableaux captivent pourtant les regards par un côté mystérieux qui leur octroie un air plus vivant comme s’ils étaient peints avec toutes les couleurs rayonnantes d’arc-en-ciel.

L’expression par voie d’images muettes

Dans un monde d’images muettes, les tableaux d’art restent souvent entourés des mystères qui défient l’imagination. Par contre, Bolton Art sait explorer pleinement les méandres de sa créativité. Sa discipline et sa détermination inébranlables traduisent le langage de son expression artistique. Il croit qu’il ne faut jamais abandonner, qu’il faut se lancer à la poursuite de ses rêves à tout prix. Mais sans pour autant trahir ses convictions les plus profondes ou cracher sur les valeurs culturelles et coutumières qui régissent notre société. « Ce qui m’anime, c’est l’humain, c’est la vie et surtout la nature dans toute sa diversité », confia-t-il.

Tableau d’un léopard. ©️ Tableau de Bolton Art (avec son accord)

Depuis ses débuts, il est tombé sous un charme intemporel du noir et blanc. Il a opté pour les deux nuances, car pour peu que l’on se replonge dans l’histoire de la création de l’humanité, tout était noir. Ce qui laisse entendre que le noir est le début de toute création. Avant de créer la lumière, Dieu vivait dans le noir. Il en va de même pour l’homme qui, avant de venir au monde, passe 9 mois dans l’obscurité du ventre de sa mère. Pour ainsi dire, dans le noir. De tels exemples sont légion.


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Personne n’ignore que les grands hommes ayant accompli de grandes choses pour faire progresser l’humanité sortent de l’ombre avant de montrer leurs réalisations au grand jour. Il estime qu’à partir de ces deux nuances, on peut accomplir de grandes choses en matière d’art. À ses yeux, « le noir est comme une couleur sacrée », martèle-t-il.

« Toute œuvre d’art est une idée qu’on exagère »

Bolton avoue être fasciné par les animaux de par leurs beautés captivantes, leur innocence naturelle et leur intelligence énigmatique, car elle n’est pas perçue par tous. À l’en croire, ce sont également des espèces en danger. « Faute du réchauffement climatique, les choses s’aggravent. Et si nous ne prenons pas conscience face à ce qui se passe, alors les générations d’après n’auront pas la chance d’en voir. Ce sont des espèces en voie d’extinction », explique-t-il.

Tableau d’un rhinocéros . ©️ Tableau de Bolton Art (avec son accord)

Comme tout homme du monde, Bolton se doit de gagner sa vie et l’art ne suffit pas. Avec son bac en commercial administratif accompagné d’une licence en computer science, il est en même temps photographe, vidéaste et travaille dans le monde humanitaire. En matière d’art, Léonard de Vinci est son idole. Et son rêve le plus cher est de conquérir le monde à travers l’art. 


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On peut, sans risque de se tromper, affirmer que Bolton Art n’a pas fini de parler de lui en vertu de son talent et continue son bout de chemin avec optimisme dans son avenir en tant qu’artiste à part entière. Une phrase qui résume le mieux le fond de ses pensées ? « Toute œuvre d’art est une idée qu’on exagère ».

Tableau d’un cheval. ©️ Tableau de Bolton Art (avec son accord)
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RDC : Face à la déforestation, les braises écologiques s’imposent

Face à une culture de la déforestation profondément enracinée dans les esprits des habitants de la République démocratique du Congo (RDC) en raison de la précarité qui les affecte, une nouvelle génération de jeunes se mobilise pour faire face à cette situation alarmante. Conscients des conséquences néfastes du changement climatique sur notre planète, ils s’activent afin de préserver les précieuses ressources forestières et de protéger l’écosystème vital de la région.

Au cœur de l’Afrique réside un trésor naturel d’une importance capitale : la République démocratique du Congo (RDC). Ce vaste pays regorge de ressources naturelles inestimables, dont l’un des joyaux les plus emblématiques est sa vaste étendue de forêt équatoriale. Considérée comme la deuxième plus grande réserve forestière au monde, après la forêt amazonienne, la RDC joue un rôle crucial en tant que poumon vital pour notre planète, notre maison commune.

© Photo de Quang Nguyen Vinh pour Pexels

Les conséquences préoccupantes de la déforestation en RDC


Malheureusement, la précarité de la vie quotidienne des Congolais les pousse inévitablement à recourir à une déforestation massive. La principale raison étant l’abattage d’arbres pour produire du charbon de bois, largement utilisé comme source de combustible pour la cuisson des aliments. Cette pratique est exacerbée par l’absence d’accès à l’électricité dans de nombreux villages et villes à travers le pays de Lumumba.

Cette réalité sombre devrait susciter l’inquiétude de tous les êtres humains soucieux de l’avenir de notre planète. En effet, nul n’ignore les graves conséquences de la déforestation qui représentent un danger majeur pour l’ensemble de la planète. Les changements observés ces dernières décennies, liés au réchauffement climatique, témoignent des bouleversements auxquels nous sommes confrontés.

Des jeunes mettent en place une alternative

Partant de cette logique, un collectif de jeunes engagés à Goma met en place un système novateur pour lutter contre ce fléau qui afflige la société congolaise : la fabrication de charbons écologiques, connus sous le nom de « MAKALATASI ». Ce procédé repose sur l’utilisation de terre d’argile, de papiers recyclés collectés dans les écoles de la ville de Goma ainsi que dans les guichets de paris sportifs, mélangés avec de l’eau. Cette initiative vise à être un catalyseur dans la lutte contre la déforestation, tout en contribuant à la création d’un environnement sain pour la ville.

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Cependant, la production reste limitée en raison du manque de ressources nécessaires pour augmenter la productivité et rendre ces charbons écologiques accessibles à tous les habitants, voire même les exporter vers d’autres provinces du pays. Malgré cette contrainte, les jeunes activistes ne perdent pas courage et continuent de produire autant qu’ils le peuvent avec les moyens à leur disposition. Il convient de souligner que dans un pays où le gouvernement soutient rarement, voire pas du tout, les initiatives locales, ces jeunes se débrouillent par eux-mêmes.

Cette volonté de prendre des mesures concrètes pour protéger l’environnement et lutter contre la déforestation devrait servir d’inspiration à d’autres communautés et inciter les autorités à soutenir davantage les initiatives locales visant à préserver les ressources naturelles du pays. La sensibilisation reste également une priorité, car informer la population sur les effets néfastes de la déforestation est essentiel pour changer les mentalités et encourager une action collective en faveur de la préservation de l’environnement.

Une prise de conscience s’impose

J’estime que chacun de nous a la responsabilité de contribuer selon ses moyens à la préservation de notre planète, car le monde tel que nous le connaissons est menacé de disparition si nous n’agissons pas pour préserver nos forêts de la déforestation. Une légende émouvante et interpellatrice, rapportée par Pierre Rabhi dans son ouvrage « La Part du Colibri », nous rappelle l’importance de notre engagement individuel.

© Photo de Pixabay pour Pexels

Selon cette légende, lors d’un immense incendie de forêt, tous les animaux terrifiés observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait en allant chercher quelques gouttes d’eau dans son bec pour les jeter sur le feu. Interpellé par ses actions apparemment insignifiantes, le tatou lui demanda s’il était fou de croire que quelques gouttes d’eau pourraient éteindre le feu. Le colibri lui répondit : « Je le sais, mais je fais ma part. » Cette légende nous rappelle notre responsabilité envers le monde, car nous ne sommes pas totalement impuissants si nous décidons d’agir.

Il est essentiel de se poser la question suivante, une question que chacun devrait se poser : quel genre de monde souhaitons-nous léguer à nos enfants et aux générations futures ? Il est impératif d’agir maintenant, car il ne faut pas oublier que « trop tard arrive souvent trop tôt », comme le rappelle la loi de la prudence. L’urgence d’agir est palpable, et chaque geste compte pour préserver notre environnement et assurer un avenir durable pour tous.


RDC : WKI Sarlu s’est lancé le défi de révolutionner le secteur de l’agribusiness

À Goma, au pied du volcan Nyiragongo, Ir Tshibumbu Tambu Lorenzo, phytotechnicien et ancien acteur dans le monde humanitaire reconverti en entrepreneur, s’est lancé le défi d’apporter une touche novatrice dans le secteur de l’agribusiness en centrant ses stratégies sur la pisciculture intensive dans des bacs-hors-sol et dans des cages flottantes sur les eaux. Il fait cela à travers de Wa Kuchimabwe Initiatives (WKI Sarlu), il s’agit d’une société spécialisée dans les aspects liés à l’aquaculture.

Un pas de géant dans le vide

Épris par un esprit d’humanisme et un réflexe entrepreneurial, Ir Lorenzo a vite remarqué un besoin à combler dans le cadre de la lutte pour la sécurité alimentaire en rendant les poissons accessibles à toutes les couches de la société. C’est également un secteur très rentable en dépit du climat des affaires moins favorables aux entrepreneurs en République Démocratique du Congo.

Malgré le doute et des contraintes financières, il n’a ménagé aucun effort pour la mise en œuvre de son projet. Dès le départ, il avait décidé de s’investir corps et âme dans cette idée qu’il nourrissait au fil du temps. À ce jour, WKI Sarlu est présent dans une autre contrée du pays et ne compte pas s’arrêter là.

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« En termes de répartition géographique, les amis de Mbujimayi peuvent se rendre au boulevard Kashama. C’est d’ailleurs là que se trouve notre siège. Toutefois, Goma est l’endroit où se passe la production en ce qui concerne les closeries. Quant à l’exploitation nous projetons d’être aussi à Kalemi. Sur le lac Tanganyika et au niveau de la berge il y a des endroits que nous allons exploiter », a déclaré l’ingénieur phytotechnicien.

Une vue sur des bacs-hors-sol en maçonnerie. ©️Yenga Fazili wã BIREGEYA

Le chemin reste encore long

Il poursuit en indiquant que Wa Kuchimabwe Initiatives est en train de peaufiner ses techniques en écloserie afin de produire d’eux-mêmes des alevins localement. Et concernant la phase expérimentale, les alevins et les tilapias ont été achetés à Lusaka, en Zambie. Les premières souches des clarias communément appelées kabambale sont provenus de l’Ouganda.

« Nous avons déjà des géniteurs pour les clarias. L’écloserie d’œufs de poissons est déjà en notre possession mais nous avons un souci lié à l’électricité. Tout de même, nous avons déjà importé une forte cargaison d’intrants. Des bacs-hors-sol et des cages flottantes qui sont déjà à la douane en RD Congo. Notre écloserie d’œufs à poissons est capable de produire 120 000 alevins. L’idée c’est d’ensemencer plusieurs sites », a-t-il laissé entendre.

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Il n’a pas manqué de déplorer le fait que, contrairement à d’autres pays du monde, dans le secteur entrepreneurial en RDC, les banques et d’autres structures n’appuient pas les projets en phase de démarrage. « Il faut que tu réussisses. Ils préfèrent minimiser les risques. Ils vont vouloir t’appuyer après ta réussite », a-t-il déploré, non sans regret.

Une vue rapprochée de l’incubateur d’oeufs ©️ Yenga Fazili wã BIREGEYA

Un appel aux potentiels investisseurs 

Le manque d’accompagnement des structures étatiques affecte également le climat des affaires au pays de Lumumba. C’est pour ça que les entrepreneurs visionnaires doivent mettre des stratégies en place pour s’autofinancer afin de lancer leurs projets. C’est dans ce cadre que Wa Kuchimabwe Initiatives a, malgré certaines démarches administratives, été créée avec un capital d’investissement de 5 000 dollars US.

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Il est à noter que le marché est vaste et il est stratégiquement nécessaire de miser sur la compétitivité en allouant plus de fonds dans l’agriculture et ses différentes chaînes de valeur. Dans cette optique, Ir Lorenzo a convié aux potentiels investisseurs et d’autres partenaires à se joindre à lui afin d’élargir cette initiative.

Ir Lorenzo devant sa cage à provenderie pour la production des aliments. ©️ Yenga Fazili wã BIREGEYA

« À un certain moment, on est bloqué. Il faudrait qu’on puisse s’associer à d’autres personnes qui poursuivent ou aspirent à faire la même activité que nous et animé par l’esprit entrepreneurial à se joindre à nous. J’ai la foi qu’on va ensemble mener à bien ce projet. Compte tenu de mon background et des différentes formations que j’essaie de faire et sachant que je ne suis pas le seul. Il y a des gens qui sont plus avancés que moi à Goma et même à travers le pays. Je ne manquerai pas, par humilité, d’aller vers eux pour apprendre ce qui me manque ».

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Tamu Mazama, l’étoile montante de la musique afrocentrique 

Femme aux multiples facettes, Tamu Mazama est une chanteuse africaine d’origine guadeloupéenne, écrivaine, fervente militante afrocentrique et par-dessus tout polyglotte. À peine 20 ans d’existence mais elle brise d’ores et déjà les codes dans un monde en perte de sens en prônant, corps et âme, l’émancipation de l’Afrique sous toutes ses formes. Kama –ancienne appellation de l’Afrique – est et reste, à ses yeux, la terre mère qui ne l’a pas vue naître mais qu’elle porte dans son cœur. Entre vérités poignantes et modestie, elle s’est, à cœur ouvert, livrée dans nos colonnes à travers une interview exclusive.

Comment tu t’es retrouvée dans l’univers de la musique ?

Tamu Mazama : Depuis mes six ans, j’ai toujours aimé chanter. C’était ma manière de m’exprimer, de faire ressentir des émotions aux gens. Des émotions que je n’arrivais pas forcément à exprimer par la parole. Et quand j’étais petite, ma mère me laissait chanter lors de ses conférences. Mais c’est en 2020 que, faute du covid, je me suis installée en Guadeloupe et c’est de là que j’ai découvert ma voie. La Guadeloupe m’a permis de me redécouvrir. Et c’est dès lors que j’ai commencé à chanter en tant que professionnelle dans Racine groupe. Les frères Jean-Marie, artistes de renom en Guadeloupe, m’ont encadré et c’est là que tout a commencé. 

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D’où t’es venu la passion pour l’écriture musicale et littéraire.

J’avais commencé à écrire des poèmes quand j’avais 6 ou 7 ans, pour exprimer mes émotions et ce qui se passait dans ma tête. C’était aussi une façon de parler des ressentis des autres. Quand j’avais 12 ou 13 ans, je me suis lancée dans l’écriture de la fiction et des textes beaucoup plus développés. Mon premier roman je l’ai commencé à 14 ans : Seventeen dry seasons.

Le 1/4 de couverture de ce livre sur Amazon.

Tu as déjà écrit et coécrit différents livres, lequel pourrais-tu suggérer un ?

C’est vrai que j’ai quatre livres parmi lesquels deux m’appartiennent et deux autres que j’ai coécrits. À mon avis, c’est difficile pour moi de suggérer un livre à quelqu’un parce que chaque livre que j’ai écrit ou dans lequel j’ai participé véhicule un message différent. Chaque livre a une expression particulière et j’ai une connexion différente avec chaque œuvre. Tout de même, je pourrais conseiller Seventeen dry seasons, mon premier livre et KAMA, mon livre sorti il y a peu de temps. C’est celui où l’on perçoit ma maturité en tant qu’écrivaine en dépit de mon jeune âge. 

Le clip de la chanson IMANI.

À quel moment de ton existence, tu t’es sentie prête à te lancer dans la quête de l’émancipation de l’Afrique et de ses diasporas disséminées à travers le monde ?

J’ai grandi dans une famille afrocentrique dans laquelle on m’a appris mon histoire. Une histoire vraie qui n’était pas réduit à la colonisation et l’esclavage. Et j’ai toujours grandi avec cet amour profond, cette fierté pour mon peuple et ce désir de le voir aller de l’avant. J’ai toujours eu ça depuis toute petite. D’ailleurs avant même la musique, j’organisais des évènements au profit des jeunes de mon âge dans le cadre d’échanger sur des sujets pertinents liés à notre culture. 

Ta mère, Ama Mazama, a-t-elle joué un quelconque rôle dans ton idéologie afrocentrique ?

Au fait, je sais que grâce à l’afrocentricité, ma mère a joué un grand rôle dans ma vision du monde, comment je me sens dans ce monde. En plus son message n’a pas touchée que moi mais son influence a atteint beaucoup de gens dévoués à faire un retour aux sources.

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Pourquoi la spiritualité et le mysticisme sont quasi-omniprésents dans tes écrits ?

La spiritualité africaine joue un très grand rôle parce que je suis influencée par ma culture.  Celle qu’on trouve dans la diaspora avec nos différents rythmes, nos différentes traditions que l’on peut retracer jusqu’en Afrique. Dans beaucoup de mes œuvres et de mes textes, je dresse l’importance de notre connexion avec la nature. Comme elle nous donne beaucoup de choses, nous devons aussi la respecter. Je suis influencé par les forces de la nature qui nous servent de guide. 

À l’Université, qu’est-ce qui t’avait incité à t’inscrire en africologie ? 

Faire des études d’africologie est un rêve réalisé. Je ne me voyais pas faire autre chose. Il faut noter que le département d’africologie date des années quatre-vingt parce que les Noirs américains n’en pouvaient plus de recevoir des mensonges comme enseignements. Ils voulaient apprendre leur véritable histoire loin de l’esclavage et de la colonisation. Ils se sont alors battus pour avoir ce département. Être dans cette filière est comme une mission pour moi afin de poursuivre ce que mes ancêtres avaient commencé. C’est énorme à mes yeux. 

Tamu Mazama Prestation Fête de Sainte-Rose Guadeloupe Août 2023

Tu es née aux États-Unis, as grandi en Guadeloupe et, à ce qu’il paraît, t’as déjà visité 37 pays dans le monde. Cependant, si c’était à refaire : souhaiterais-tu naître en Afrique ?

Très bonne question. Il est vrai que ça aurait été mieux d’être née en Afrique et tout mais je précise toujours que l’Afrique est née en moi et à la fin de la journée c’est ce qui compte vraiment. Je porte l’Afrique en moi : je la protège, je garde ses cultures et ses traditions. Ce qui m’anime c’est d’aider les autres en les accompagnant à retrouver cette flamme africaine en eux. 

Imani est ta nouvelle chanson qui fait sensation ce dernier temps, en feat avec Bled Miki. Quel est le message fort à retenir et pourquoi le titre est-il en kiswahili ?

La chanson IMANI a plusieurs significations. En kiswahili, ça signifie la foi mais également c’est l’un de sept symboles de KWANZA, une fête panafricaine. C’est un symbole qui nous rappelle d’avoir foi en nous-mêmes et en nos cultures. Avec Bled Miki, on voulait transmettre ce message aux Africains et à ses diasporas. La chanson parle d’une reine Kongo qui se renoue avec sa ses traditions et ses rites.

Quelle est la phrase qui résume dans les grandes lignes ta philosophie de vie ?

« L’unité est notre but et la victoire notre destinée. »

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