RDC : Eringeti et Oicha, de l’ombre des ADF à l’éclat des récoltes
Les opérations Sokola 1 et l’initiative citoyenne “Wapi Jiwe Langu kwa Usalama wa Kivu” ont produit des effets qui dépassent le cadre sécuritaire. Entre juin et novembre 2024, un sentiment de sécurité s’est installé dans les régions d’Eringeti, Maimoya, Oicha, Mutwanga et leurs environs, permettant à la population de regagner ses champs abandonnés.
Ce retour à la terre a transformé la dynamique locale : les cultures de subsistance ont prospéré dans les terrains proches, tandis que les champs de cacao, situés plus loin, ont été visités et entretenus. Les résultats sont palpables. Selon Yannick Chishugi, agent d’une société d’exportation de cacao, la production enregistrée en novembre et décembre 2024 dépasse largement celle des deux dernières années.
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Une baisse des prix qui soulage les habitants
Les bénéfices ne se limitent pas au cacao. M. Bunduki, un habitant d’Oicha, témoigne : « Grâce au sentiment de sécurité, nous avons pu retourner dans les champs abandonnés. Cela a permis une baisse des prix de certains produits alimentaires comme les bananes plantains. »
Une collaboration étroite entre civils et militaires s’avère ainsi essentielle pour restaurer un équilibre économique dans cette région autrefois paralysée par l’insécurité.
L’ombre persistante des Forces démocratiques armées (ADF)
Malgré ces progrès, des attaques sporadiques survenues fin novembre et début décembre 2024 rappellent la fragilité de cette sécurité retrouvée. Selon plusieurs analystes, ces agressions visaient à empêcher les populations de récolter les fruits de leur labeur. « Certains bandits tentent d’exploiter la peur en se faisant passer pour des ADF, mais les vraies forces de ce groupe semblent déjà affaiblies », indique une source locale.
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Une leçon à méditer
L’explosion de la production agricole dans les zones bénéficiaires du projet “Wapi Jiwe Langu kwa Usalama wa Kivu” prouve une vérité criante : ce n’est pas le travail qui manque, mais la sécurité. « L’insécurité, imposée à l’Est de la RDC, est la source première de pauvreté », résume un habitant. La population, elle, n’attend qu’une chose : un environnement stable pour exploiter son immense potentiel.
Un avenir de prospérité est-il possible si la sécurité devient une réalité durable ? Les faits récents invitent à l’espoir, mais également à une vigilance constante.

